Extinction Rebellion Strasbourg a alerté par une action symbolique la population strasbourgeoise peu informée du projet géré par StocaMine et le seul actionnaire des Mines de Potasse d’Alsace, l’Etat: le confinement total de 42 000 tonnes de déchets dangereux dans d’anciennes mines de potasse à Wittelsheim (Haut-Rhin), menaçant l’eau potable de toute la région.
NOTE : Pour symboliser la menace de contamination de la nappe phréatique rhénane, les activistes ont utilisé de la fluorescéine, un colorant quotidiennement utilisé en ophtalmologie et en spéléologie entre autres, phytodégradable et inoffensif pour l’environnement et les êtres vivants qui s’y trouvent dans la concentration utilisée – un fait vérifié par les autorités.
Pourquoi cette alerte verte?
42000 tonnes de déchets dangereux (classe 1) et hautement toxiques (classe 0) sont enfouies dans d’anciennes mines (Stocamine à Wittelsheim); ils contiennent notamment de l’arsenic, du cyanure, du mercure, de l’amiante… Le hic? Ces mines sont situées sous la nappe phréatique d’Alsace, et le risque que ces déchets s’y répandent par infiltration est réel.
À travers l’accès à l’eau potable, ce sont les vies de six à sept millions de personnes en France, en Allemagne et en Suisse – sans compter les écosystèmes dont la survie dépend de cette nappe – qui sont menacées.
Les recours en justice ayant échoué, de même que les interventions des élus de la région auprès du gouvernement, seule une pression publique importante pourrait laisser espérer un déstockage.
Partagez cette information au maximum afin que le grand public y accède!
Après qu’un déstockage total des déchets ait été envisagé lorsque Nicolas Hulot était au ministère (le BRGM avait conclu que c’était faisable), une décision a par la suite (sous François de Rugy) été prise de façon unilatérale en faveur d’un enfouissement définitif. Suite à des interventions d’élus locaux, le ministère de la Transition écologique et solidaire a lancé une nouvelle étude (la 104ème autour de ce projet de confinement) – ce qui n’est qu’un moyen de gagner – ou perdre, selon le point de vue – du temps.
Barbara Pompili et le Préfet du Haut-Rhin feront-t-iels le seul choix responsable possible dans ce dossier ?
Nous demandons un déstockage total des déchets qui peuvent être traités et stockés ailleurs, dans un endroit où ils ne constituent pas une menace directe pour la survie de millions d’êtres vivants. Des solutions existent, à envisager avec nos voisins allemands qui avaient proposé une option il y a quelques années déjà ; il est urgent d’avoir assez de volonté politique pour les mettre en oeuvre.
Notre eau est déjà en danger – pollution aux pesticides, tout particulièrement au Lindane à proximité de Colmar²
, assèchement inquiétant avec des niveaux chaque année plus exceptionnellement bas, un problème lié entre autre aux usages de l’agriculture intensive et particulièrement de la monoculture de maïs. Là encore, des solutions existent : un traitement sans délai de l’eau contaminée à Wintzenheim; développement d’autres cultures en concertation et avec un accompagnement des agriculteurs dans une démarche de transition.
Peut-on se permettre d’ajouter aux problèmes présents une menace supplémentaire ? Les crises écologiques en cours ne sont-elles pas un défi suffisamment immense pour qu’il faille y ajouter des périls supplémentaires?
Comment croire que nous pouvons lire le futur et nier la possibilité des séismes, de l’effondrement des tunnels miniers et de départs d’incendies ? Comment croire qu’une masse de béton résistera à l’érosion et aux effets du temps?
Le temps presse car des galeries menacent déjà de se refermer, et chaque semaine qui passe condamne un peu plus ces déchets dangereux à rester dans cet emplacement à haut risque. C’est une action immédiate et déterminée qui est nécessaire!
Pour accéder à plus d’informations: https://www.destocamine.fr/rapports-officiels/
Pour signer la pétition contre le confinement des déchets sous la nappe phréatique: https://www.change.org/p/du-poison-menace-la-plus-grande-nappe-phréatique-d-europe-pour-le-retrait-des-dechets
Source

